john nemeth

 Un peu exagéré, ce titre d’album,…mais pas loin de la vérité tout de même, car dès les premières secondes vous êtes séduits par le rythme, le son de l’harmonica et la voix de John. Ca pulse, ça déroule à la perfection et l’on comprend mieux comment John a pu faire tomber sur le cul Jerry Del Giudice, le patron du label Blind Pig, lors du festival de San Francisco, en 2005 ; un Jerry qui avouait non sans fierté que c'était la première fois de toute sa carrière qu'il engageait un artiste en ne l’ayant vu qu'une seule fois sur scène. 

On se demande alors si le grand John va pouvoir tenir tout un album sur cette lancée, mais dès le second titre on est rassuré (en avait-on besoin ?) : Blue Broadway, également compo signée John Németh (qui signe 10 des 12 titres de cet opus), est plus mesuré mais tout aussi diablement efficace, avec ces putains de cuivres qui vous font tanguer le canapé de votre salon, et toujours cette voix qui voltige parfois vers des aigus plus que tentants. Avec Magic Touch vous faites entrer un ouragan dans votre salon, balayant tout sur son passage : rythmique endiablée, cuivres d’enfer, piano poussé dans la zone rouge, voix de la même teinte, son monstrueux,… Y’a pas à dire, on se le remet direct, celui-là, et on invite les voisines à danser. Heureusement que le bougre nous glisse après cela un My Future plus soft et plus posé, sinon vous filez direct chez le cardiologue pour causes de palpitations. La voix y est plus gutturale et plus chaude, la gratte et l’harmo plus en finesse mais c’est surtout le sublime solo de trompette en fin de morceau qui vous fera craquer. Le reste (façon de parler…) de l’album est du même niveau, exceptionnel, avec ces chorus qui se croisent sans jamais être envahissants et toujours un solo d’harmonica par ci, un coup de cuivres par là,  un solo de six cordes impromptu (écoutez moi ça dans She Did Not Show… !) et cette voix chaleureuse qui ‘bleute’ l’atmosphère. 

Et comme si ce n’était pas suffisant, il y a cette reprise de Sit & Cry The Blues de Willie Dixon qui vous fait comprendre pourquoi le lascar est là, à vous chanter ce qu’il ressent au plus profond de son cœur, et de ses tripes. Avec You Were Wrong, l’homme à l’harmo remet les petits plats dans les grands et nous offre un blues épicé mijoté aux petits oignons, swinguant et enthousiasmant, avant de vous faire frissonner une nouvelle fois sur un blues lent : Let Me Hold You, une compo dépouillé, belle, délicate, traversée par un solo de six cordes à vous renvoyer, vous, dans les cordes. Comme vous êtes sans doute soit KO debout soit dans les bras de votre voisine venue danser ce premier slow, John vous en remet une couche avec Up To No Good, vous glissant dans l’oreille les notes intimistes de son harmonica . 

Sublime, sublime, vous dis-je. Pour finir la nuit, vous n’avez plus qu’à vous laisser entraîner par Come On. Hé oui, come on and dance… ! Sublime, vous ai-je dit, sublime !